Pourquoi Dubaï attire en 2026
Trois arguments reviennent : pas d'impôt sur le revenu des particuliers, une place d'affaires reliée au monde entier, et un cadre de vie très sûr. Pour un entrepreneur qui facture à l'international, ne plus payer d'impôt personnel sur ses revenus est évidemment le moteur.
Les contreparties méritent d'être dites tout de suite : le coût de la vie est élevé, à commencer par le logement ; la société doit être entretenue chaque année ; et Dubaï ne mène pas à un second passeport. Surtout, obtenir un visa émirien ne règle pas votre situation fiscale en France. On y revient plus bas.
Les quatre façons de devenir résident
Société en zone franche + visa d'associé
La voie la plus courante. Vous créez une société dans une zone franche, qui vous parraine comme associé. Visa de 1 à 3 ans selon le type, renouvelable, sans achat immobilier.
Visa vert investisseur (5 ans)
Pour un associé qui détient au moins 1 million de dirhams (environ 272 000 $) de parts dans une société émirienne. Pas de sponsor, et la famille peut être parrainée.
Golden Visa (5 ou 10 ans)
À partir de 2 millions de dirhams (environ 545 000 $) investis, en immobilier ou en placements. Pas de sponsor, famille parrainée, et le visa reste valable au-delà de six mois d'absence.
Visa de travail à distance
Pour vivre à Dubaï en travaillant pour une entreprise établie hors des Émirats, avec un revenu d'au moins 3 500 $ par mois et une assurance santé.
Les visas émiriens ont été réformés plusieurs fois ces dernières années. Les montants et les durées de cette page viennent des sites officiels, consultés en septembre 2026 (voir les sources en bas de page), et sont revérifiés au moment de votre dossier. Le dirham est arrimé au dollar (environ 3,67 dirhams pour 1 $), d'où les conversions.
La voie « société », étape par étape
- Choisir la zone franche et l'activité. Chaque zone franche a ses activités autorisées, ses tarifs et ses règles de bureau : le bon choix dépend de ce que vous facturez.
- Créer la société. Licence commerciale, statuts et bureau, souvent un simple poste de travail partagé (« flexi-desk »).
- Ouvrir le dossier de visa. Carte d'établissement de la société, puis permis d'entrée de son associé.
- Passer quelques jours sur place. Visite médicale et prise d'empreintes pour l'Emirates ID, la carte d'identité des résidents.
- Recevoir le visa et l'Emirates ID. Vous êtes résident, et vous pouvez ensuite parrainer votre famille selon les conditions en vigueur.
- Ouvrir le compte bancaire. C'est souvent l'étape la plus lente : les banques émiriennes examinent en détail la société, l'activité et l'origine des fonds.
En pratique, comptez environ deux mois du premier dossier au compte bancaire, pour un seul séjour de quelques jours aux Émirats. Ensuite, chaque année : renouvellement de la licence et du bureau, déclaration d'impôt sur les sociétés, et assurance santé, obligatoire pour les résidents de Dubaï.
Ce que ça coûte
Le budget se joue surtout sur la zone franche choisie : chacune fixe le prix de sa licence, de ses bureaux et des visas qu'elle délivre. S'y ajoutent les frais de visa et d'Emirates ID, la visite médicale, l'assurance santé, la tenue des comptes et, pour viser le taux de 0 % en zone franche, l'audit annuel des comptes.
Les tarifs changent souvent et dépendent de votre activité, du nombre d'associés et de votre famille. Plutôt qu'un prix affiché qui vieillit mal, on vous envoie un chiffrage complet et à jour sur WhatsApp, frais officiels et accompagnement compris.
La fiscalité, en clair
Pour vous, personnellement
Les Émirats ne prélèvent pas d'impôt sur le revenu des particuliers. La TVA, elle, est de 5 % sur la plupart des achats.
Pour votre société
Depuis 2023, les sociétés paient un impôt sur les sociétés : 0 % jusqu'à 375 000 dirhams de bénéfice imposable (environ 102 000 $), 9 % au-delà. Chaque société doit s'enregistrer auprès de l'autorité fiscale et déposer sa déclaration, y compris en zone franche.
Une société de zone franche ne paie 0 % que sur ses revenus dits qualifiants, et seulement si elle garde une vraie présence dans la zone, fait auditer ses comptes, documente ses prix de transfert et limite ses autres revenus à 5 % de son chiffre d'affaires (jamais plus de 5 millions de dirhams). Le reste est taxé à 9 %, sans l'abattement des 375 000 dirhams. Une société qui rate une condition perd ce régime pour l'année en cours et les quatre suivantes. Pour une activité de services facturée à des clients à l'étranger, il faut donc vérifier au cas par cas si les revenus sont qualifiants : sinon, c'est le régime normal qui s'applique.
Devenir résident fiscal émirien
Pour l'administration émirienne, vous êtes résident fiscal si vous passez au moins 183 jours aux Émirats sur 12 mois, ou au moins 90 jours si vous avez un titre de séjour et un logement permanent ou une activité sur place. Vous l'êtes aussi si les Émirats sont votre lieu de résidence habituel et le centre de vos intérêts. Chaque jour de présence compte, même partiel. Le certificat de résidence fiscale se demande ensuite à l'autorité fiscale (FTA).
Côté France : le point qu'on oublie trop souvent
Vous restez résident fiscal français si un seul de ces liens reste en France : votre foyer ou votre lieu de séjour principal, votre activité professionnelle principale, ou le centre de vos intérêts économiques (article 4 B du Code général des impôts). La convention fiscale entre la France et les Émirats, signée en 1989 et modifiée en 1993, tranche ensuite les cas de double résidence. Et selon votre patrimoine, l'exit tax peut s'appliquer au moment du départ.
Ce volet se prépare avant de partir. C'est le métier de notre cabinet associé, Patrimoine International :
- Quitter la France : la checklist fiscale du départ
- Résidence fiscale : la carte de résident ne suffit pas
- Exit tax : seuil, taux, sursis, qui paie vraiment
Et votre LLC américaine ?
Une LLC américaine reste utile pour encaisser des clients américains ou ouvrir Stripe. Mais une fois résident à Dubaï, deux questions se posent : la société émirienne suffit-elle à votre activité, et d'où votre LLC est-elle réellement dirigée ? La loi émirienne peut en effet considérer comme résidente, pour l'impôt sur les sociétés, une société étrangère dirigée depuis les Émirats. On vous aide à choisir : LLC, société émirienne, ou les deux.
Dubaï, le Paraguay ou le Panama ?
| Critère | Dubaï | Paraguay / Panama |
|---|---|---|
| Impôt sur vos revenus étrangers | Aucun impôt sur le revenu | 0 % (fiscalité territoriale) |
| Coût de la vie | Élevé | Modéré |
| Voie vers un second passeport | Non | Oui, à terme |
Le détail des deux pays d'Amérique latine : Paraguay vs Panama, quelle résidence choisir.
Société, visa, banque et assurance
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Pour qui Dubaï a du sens, et pour qui non
✅ Pertinent si
- Vous êtes entrepreneur ou indépendant et vous comptez vivre réellement à Dubaï une bonne partie de l'année
- Vos revenus absorbent un coût de la vie élevé
- Votre activité se prête à une société de zone franche (services, commerce en ligne, négoce…)
❌ Moins adapté si
- Votre vie reste en France : vous y resterez résident fiscal
- Vous cherchez un second passeport : regardez le Paraguay ou le Panama
- Votre budget est serré : la Géorgie ou le Paraguay coûtent beaucoup moins cher à vivre
FAQ : Résidence à Dubaï
Peut-on obtenir la résidence en créant une société ?
Oui, c'est la voie la plus courante : une société en zone franche vous parraine comme associé. Visa de 1 à 3 ans selon le type, renouvelable, avec quelques jours sur place pour la visite médicale et les empreintes.
Paie-t-on des impôts à Dubaï ?
Pas d'impôt sur le revenu des particuliers. La société paie 0 % jusqu'à 375 000 dirhams de bénéfice, 9 % au-delà, et 0 % en zone franche seulement sur les revenus qualifiants, sous conditions. TVA de 5 %.
Combien de jours pour être résident fiscal émirien ?
183 jours sur 12 mois, ou 90 jours avec un titre de séjour et un logement permanent ou une activité sur place. Le certificat se demande à l'autorité fiscale (FTA).
Est-ce que ça suffit pour ne plus payer d'impôts en France ?
Non. Si votre foyer, votre activité principale ou vos intérêts économiques restent en France, vous restez résident fiscal français (article 4 B du CGI). À préparer avant le départ, exit tax comprise.
Faut-il investir pour obtenir un visa ?
Pas d'achat immobilier pour le visa classique d'associé. Visa vert de 5 ans : 1 million de dirhams de parts. Golden Visa de 5 ou 10 ans : 2 millions de dirhams investis.
Sources officielles
Consultées le 25 septembre 2026.
- Portail du gouvernement des Émirats (u.ae) : règles générales du visa de résident (durées, absence de plus de 180 jours), visa vert, Golden Visa, visa de travail à distance, impôt sur les sociétés, absence d'impôt sur le revenu des particuliers
- Direction de la résidence de Dubaï (GDRFA) : visa vert investisseur ou associé (1 million de dirhams de parts)
- Ministère des Finances des Émirats : résidence fiscale des personnes physiques (décision du Conseil des ministres n° 85 de 2022)
- Autorité fédérale des impôts (FTA) : fiche sur les sociétés de zone franche (PDF, en anglais)
- impots.gouv.fr : convention fiscale entre la France et les Émirats arabes unis (PDF) et son commentaire au BOFiP
Pour aller plus loin
- Tous nos guides de résidence par pays
- Paraguay vs Panama : deux pays territoriaux, avec un passeport à la clé
- Ouvrir une LLC Wyoming à distance : le détail côté société américaine
- Patrimoine International : pour préparer le départ côté fiscalité et patrimoine (cabinet associé)